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Le textile, un secteur en développement…

Textile

La filière textile se développe

Réforme de la formation : « La filière textile - Mode - cuir a fait ses preuves » (Hervé Tiberghien, VP UIT)

" Nous avons construit au fil du temps un ensemble regroupant 8 branches autour d’une filière textile - mode - cuir qui a fait ses preuves, par exemple en signant avec l’Etat le premier Edec sur la transition numérique ", déclare, Hervé Tiberghien, le nouveau vice-président de l’UIT nommé lors de l’assemblée générale du l’union, le 20/06/2018.

" Nous avons un intérêt stratégique à préserver les bons résultats d’un outil efficace tout en nous intégrant dans le nouveau paysage ". Ce qui importe avant tout aux partenaires sociaux de cette filière, " c’est la qualité du service apporté aux entreprises, surtout aux TPE/PME, et à leurs salariés. C’est cela qui guidera notre choix " d’un Opérateur de compétences.

A propos de la réforme de la formation professionnelle en cours, Hervé Tiberghien relève les points suivants :
• Les leviers qui, espère-t-il, devraient permettre de développer encore davantage l’alternance dans les entreprises de la filière (1 000 alternants en 2017) : " L’objectif est de doubler le nombre d’alternants en 5 ans. "
• La collecte des contributions " formation " des employeurs transférée aux Urssaf : " En tant que chef d’entreprise, je vais avoir davantage l’impression de verser une taxe que de faire un investissement. "
" Cette réforme suscite nombre d’inquiétudes dans un monde comme le nôtre composé à plus de 90 % d’entreprises de moins de 50 salariés. Nous sommes dans une sorte d’expectative inquiète " en attendant l’issue de cette réforme, dit-il.

Hervé Tiberghien, PDG d'Alpex Protextion, vice-président de l'UIT - © D.R.

Interview :

Hervé Tiberghien a fait part de ses priorités d'actions et souhaite " investir sur la compétence. Ce n’est pas un pari mais une garantie d’avenir."

L’industrie textile croit en son avenir et nous considérons que les enjeux économiques, technologiques, sociaux, environnementaux auxquels elle est et sera confrontée, sont étroitement liés à l’insertion et au développement des compétences des femmes et des hommes qui la composent.

C’est pourquoi, parmi nos axes d’actions prioritaires, nous entendons développer l’alternance (apprentissage et professionnalisation) avec l’objectif de doubler le nombre d’alternants en 5 ans. Pour information, le nombre de contrats de professionnalisation conclus en 2017 - près de 1 000 - a augmenté de 50 % en deux ans.

Corrélativement, la difficulté pour les PME, comme la mienne, de recruter du personnel va nous amener à renforcer notre politique de communication afin de rendre plus attractive notre industrie. A cet effet nous appuierons toutes les actions territoriales qui vont dans ce sens.

Quel regard portez-vous sur la réforme de la formation professionnelle en cours ; avez-vous des inquiétudes particulières ?

"Réforme : Nous sommes dans une sorte d’expectative inquiète... Cette réforme suscite nombre d’interrogations, surtout dans un monde comme le nôtre composé à plus de 90 % d’entreprises de moins de 50 salariés. Disons que nous sommes dans une sorte d’expectative inquiète. Pour moi, nous sommes très loin du big bang qu’on nous a annoncé."

" Par exemple, je ne pense pas qu’une collecte par l’Urssaf soit un signal positif. En termes de complexité, à l’évidence, cela rajoute une « couche » à un système déjà trop confus. En tant qu’entreprise, je vais avoir plus l’impression de verser à l’Urssaf une taxe qu’un investissement. La collecte par notre OPCA [Opcalia, Ndlr] est aussi une collecte de data. C’est à cette occasion que nous récoltons les données pour notre Observatoire des métiers."

De plus ma crainte de chef d’entreprise de PME est de ne plus bénéficier, à obligation financière certes constante, du retour financier dont je bénéficie aujourd’hui.

Comment l'UIT appréhende-t-elle le double chantier de réduction du nombre de branches professionnelles et celui de la transformation des Opca en Opérateurs de compétences ? Votre branche a-t-elle entamé des négociations ?

Il y a effectivement un double chantier en cours. Il y a des interactions manifestes, mais nous sommes néanmoins dans des démarches qui s’inscrivent dans deux temporalités différentes.

La branche Textile, avec plus de 60 000 salariés et une vie conventionnelle active a le temps de réfléchir sur ses alliances à moyen terme, alors que le choix d’un futur opérateur de compétences doit se faire avant la fin de cette année.

La transformation des textiles (nouvelles matières, tissus connectés, intelligents…) peut conduire la branche du textile à se rapprocher d’autres branches comme la plasturgie, la chimie. Est-ce une question en discussion ?

Nos entreprises se retrouvent dans des réseaux de filières de plus en plus complexes. Cette question se pose car le gouvernement souhaite réduire le nombre d’Opca en les transformant en " opérateurs de compétences " à partir d’un concept de filière économique tellement flou sur le plan juridique qu’il vient d’être abandonné au profit d’un critère de " cohérence et de pertinence économique du champ d’intervention ".

Cette notion ne nous semble guère plus éclairante… Prenons, par exemple, le cas de la filière textile-mode. Pour faire simple, plusieurs mondes s’y retrouvent :

  • création et recherche,
  • process industriel bien sûr,
  • savoir-faire de la main d’œuvre
  • et bien évidemment vente/commerce,

L’ensemble étant traversé par des filières transverses comme le numérique.

En fait, nos entreprises se retrouvent, ici comme sûrement ailleurs, dans des réseaux de filières de plus en plus complexes.

Cette filière est par ailleurs reconnue en tant que Comité stratégique de filière des industries de la mode et du luxe étendu aux matières « tissu et cuir » au sein du CNI (Comité National de l’Industrie). Nous avons donc un intérêt stratégique à préserver les bons résultats d’un outil efficace tout en nous intégrant dans le nouveau paysage.

Ce qui nous importe avant tout, c’est la qualité du service apporté aux entreprises, surtout aux TPE/PME, et à leurs salariés. C’est cela qui guidera notre choix.

Quel bilan d'étape faites-vous de l’Edec Textile-Mode-Cuir sur le numérique ? D’après vos informations, comment va être élaborée désormais la politique contractuelle entre les branches et l’Etat avec en toile de fond le PIC et les plans régionaux d’investissement dans les compétences ?

Prlongation de l'Edec Textile-Mode-Cuir demandée à l'EtatUn récent Comité de pilotage de cet Edec a souligné la qualité des travaux en cours. C’est une démarche commune « branches (paritairement) et Etat » particulièrement ambitieuse puisque nous avons engagé près d’une dizaine d’actions. C’est pourquoi nos branches viennent unanimement de demander à l’Etat une prolongation de cet Edec pour les finaliser au mieux.

Bien entendu, nous articulons notre Edec avec d’autres projets en cours comme le PIA « Perfect » développé en Auvergne/Rhône-Alpes.

Avez-vous des inquiétudes sur l’avenir de vos certifications professionnelles comme les CQP ; comment envisagez-vous la co-construction des diplômes avec l’Education nationale ? 

GFI : Nous avons proposé de valoriser nos certifications professionnelles selon des méthodes communesDepuis de nombreuses années, nous avons engagé une politique offensive en la matière, au profit principalement des salariés de faible niveau. Au cours des 10 dernières années, nous avons attribué près de 6 000 CQP et CQPI aux salariés de notre branche. Pour plus d’un salarié sur deux, c’est d’ailleurs la première certification obtenue.

Nous nous sommes aussi récemment engagés sur le socle CléA ainsi que sur la création de certifications transverses avec d’autres branches, en lien avec le Copanef. Nous devons poursuivre le travail paritaire engagé à tous niveaux :

  • branche (CQP),
  • interbranches (CQPI)
  • interprofessionnel (CléA).

Nous avons même proposé, au sein du Groupement des fédérations industrielles, de valoriser nos métiers, nos compétences, nos certifications professionnelles selon des méthodologies communes. Nous voulons, comme nous avions su le faire avec les CQPI, être à nouveau précurseurs sur un système plus lisible pour nos entreprises et nos salariés.

Avez-vous noté des avancées dans le projet de loi en discussion, par exemple : l’accent qui semble être mis sur la formation en situation de travail ?

C’est un exemple parmi d’autres, en effet. Nous avons été parmi les premières branches à nous inscrire dans les expérimentations développées en la matière. Il est impératif d’accompagner nos entreprises par des outils et méthodologies appropriés de ce type de formation en situation de travail. Dès lors qu’ils ne sont pas encadrés par une réglementation trop stricte…

Hervé Tiberghien pour News Tank.

 

Source : News Tank

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